Aperçu historique de l’adultère jusqu’au Code Napoléon

Posté par leblogdejon le 18 juin 2007

L’infidélité conjugale a de tout temps symboliser le péché, le désir pernicieux, l’atteinte à la fois divine. Rien ne peut l’en excuser, la condamnation est éternelle.

L’Église voyait dans l’adultère le plus grand des crimes. Ainsi, dans les indulgences du pape Léon 11, il coûtait plus cher à un infidèle de se faire absoudre pour crime d’adultère qu’à un fils pour le meurtre de son père. L’absolution pour crime d’adultère coûtait quatre tournois,c’est-à-dire 80 livres, alors que le patricide coûtait cinq carlins, c‘est-à-dire 15 livres.

Sur le plan juridique, l’adultère a longtemps été considéré comme un véritable crime et sanctionné en tant que tel.

A Rome, seul l’adultère de la femme était réprimé par la loi Iulia de adulteriis coercendis voulue par l‘empereur Auguste, car il faisait entrer dans la famille un sang étranger à celui du mari. La loi reconnaît tout d’abord un droit extrajudiciaire de tuer : le père de l’épouse adultère peut tuer le complice, à condition de mettre également à mort sa fille et si le crime a été découvert dans sa maison ou celle de son gendre. Ce dernier a le droit de tuer le complice s’il est d’origine inférieure et s’il l’a surpris dans sa maison, mais il ne lui est pas permis de tuer son épouse ; il est seulement obligé de la répudier sous peine d’être poursuivi pour proxénétisme.

En dehors de ce ius occidendi [droit de tuer], le père et le mari de la femme adultère peuvent poursuivre en justice les deux amants coupables : dans les soixante jours qui suivent le divorce, ils jouissent d’un droit d’accusation privilégié (eux seuls peuvent accuser). Passé ce délai et sans initiative de leur part, tout citoyen peut se porter accusateur dans les quatre mois. L’accusation peut être portée isolément ou contre la femme ou contre son complice ou contre les deux à la fois. La peine établie par la loi est patrimoniale (perte de la moitié de sa dot et du tiers de ses biens pour la femme ; confiscation de la moitié de ses biens pour le complice). On y ajoute par la suite la déportation

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